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Egypte : le gouvernement saisi le Conseil de sécurité de l’ONU alors que l’Ethiopie inaugure son grand barrage sur le Nil



Le Grand Barrage de la Renaissance Éthiopienne (GERD), un projet d’envergure de l’Éthiopie visant à renforcer son secteur énergétique, est désormais au centre d’un bras de fer diplomatique entre l’Égypte et son voisin du sud. Inauguré avec une cérémonie marquant son achèvement, le barrage a ravivé un différend de longue date, mettant en lumière les tensions géopolitiques complexes entre les deux nations.

L’Égypte, qui considère le Nil comme une ressource vitale pour ses besoins en eau, voit le GERD comme une menace existentielle pour sa sécurité hydrique. Le pays a intensifié sa campagne diplomatique en portant une nouvelle fois l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Le gouvernement égyptien a qualifié le barrage de « menace directe » pour sa population et dénoncé ce qu’il appelle un acte unilatéral de l’Éthiopie. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatti, a affirmé que la construction du GERD violait les normes internationales et ne respectait pas les accords historiques régissant le partage des eaux du Nil.

La question du Nil, fleuve qui traverse plusieurs pays de la région, reste au cœur du différend. L’Égypte se repose sur le droit historique, une série d’accords datant du début du 20e siècle, qui lui garantit une large part des eaux du fleuve. De son côté, l’Éthiopie argue de son droit à exploiter les ressources de son territoire, tout en revendiquant que le barrage contribuera à améliorer la vie de millions de citoyens éthiopiens en fournissant de l’énergie à bas coût.

Les relations diplomatiques entre les deux pays ont connu plusieurs hauts et bas, avec des négociations souvent stagnantes, et ce conflit autour du GERD en est un exemple flagrant. Malgré des efforts de médiation, notamment par l’Union africaine et d’autres acteurs internationaux, aucun accord définitif n’a été trouvé pour apaiser les tensions.

Le barrage représente bien plus qu’une simple question de ressources en eau. Il est le symbole de la compétition pour le contrôle des ressources naturelles dans un contexte de croissance démographique et de pression sur les infrastructures dans la région. Si le conflit sur le GERD persiste, il pourrait avoir des répercussions non seulement sur les relations entre l’Égypte et l’Éthiopie, mais aussi sur la stabilité de la région dans son ensemble.

Dans ce contexte, la diplomatie semble être le seul levier possible pour éviter une escalade des tensions. Mais les divergences profondes sur l’utilisation du Nil resteront sans doute un défi majeur pour les relations bilatérales entre ces deux géants africains.


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