
À quelques mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, le climat politique s’électrise autour d’un seul nom : Tidjane Thiam. L’ancien ministre du Plan et banquier international, pressenti comme candidat sérieux face au président sortant Alassane Ouattara, est aujourd’hui empêché de fouler le sol ivoirien. Ses soutiens parlent d’un « exil forcé », une situation qui soulève interrogations et tensions dans le paysage politique national.
Alors que plusieurs autres partis de l’opposition et candidats indépendants s’activent sur le terrain en recueillant les parrainages auprès des électeurs, les ambitions du banquier Thiam semblent freinées par des obstacles judiciaires et administratifs que ses partisans qualifient de « politiques ».
Officiellement, aucune condamnation judiciaire ne l’interdit de séjour ou de participation à la vie politique nationale, mais des éléments de procédure non clarifiés lui barrent le retour au pays et l’empêchent de briguer la magistrature suprême, selon ses proches.
« Le pouvoir cherche à neutraliser un adversaire crédible », affirme un cadre de son parti, le Pdci-Rda, sous couvert d’anonymat. Pour lui, l’absence de Tidjane Thiam à la compétition électorale d’octobre pourrait biaiser le jeu démocratique et alimenter des crises voire, les frustrations d’une partie de la population.
Du côté du gouvernement, on dément toute volonté d’exclusion. « La justice fait son travail en toute indépendance. Il n’y a pas d’acharnement contre qui que ce soit », assure une source au sein du ministère de l’Intérieur.
Toutefois, cette justification peine à convaincre certains observateurs nationaux et même internationaux, qui redoutent une élection entachée de controverses si d’aventure, toutes les candidatures ne peuvent se présenter librement.
Pour l’instant, Tidjane Thiam demeure à l’étranger et plus précisément en France, se tenant à distance et loin d’un débat national qu’il continue d’influencer.
Sur les réseaux sociaux comme dans les cercles diplomatiques ou lors de conférences internationales, il ne cesse de multiplier les appels à des élections « transparentes et inclusives ».
L’enjeu est de taille et le défi est majeur : la présidentielle de 2025 qui s’annonce est déterminante pour l’avenir politique de la Côte d’Ivoire. Toute tentative perçue comme une manœuvre d’exclusion pourrait raviver les tensions, à l’image des crises électorales passées.
Le cas Thiam, désormais au centre de l’attention, illustre à quel point l’équilibre politique ivoirien reste fragile à l’approche du scrutin.










