
À quelques semaines seulement de l’élection présidentielle du 25 octobre prochain, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) traverse une zone de turbulences inattendue. Le président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo, est au cœur de rumeurs persistantes de dissidence. Ses absences répétées des réunions stratégiques du parti présidentiel et sa mise en retrait progressive de la campagne d’Alassane Ouattara alimentent l’idée d’une fracture au sommet de l’État.
Selon des confidences recueillies à la rue Lepic, siège du RHDP, le malaise aurait pris racine après un séjour, au mois de juillet dernier, de Bictogo en France, où il avait été aperçu aux côtés du président Emmanuel Macron. A cette occasion, une fuite d’information avait fait état de sa volonté, directement exprimée à Ouattara, d’incarner la jeunesse et de se positionner comme candidat à la présidentielle d’octobre. Cette ambition, perçue comme une mise en concurrence frontale avec le président sortant, aurait contribué à creuser un fossé entre lui et la haute direction du parti.
Depuis, ses apparitions publiques sont devenues plus rares, renforçant les soupçons d’un repositionnement stratégique. Pour certains cadres du RHDP, cette situation rappelle des récentes de la vie politique ivoirienne, notamment les trajectoires de Charles Blé Goudé et de Simone Ehivet Gbagbo.
Ces deux figures politiques nationales, longtemps inscrites dans le camp de l’opposition, sont perçues aujourd’hui, comme des personnalités capables d’infiltrer ou de fragiliser leurs adversaires par des alliances inattendues et des repositionnements habiles.
L’ombre de ces comparaisons plane désormais sur le cas Bictogo : certains observateurs redoutent qu’il ne devienne, à l’intérieur même du RHDP, un facteur déstabilisant comparable à la manière dont Blé Goudé ou Simone Gbagbo ont su bousculer leurs camps respectifs. Cette perception alimente la méfiance au sein du parti présidentiel et fragilise son unité au moment où la mobilisation collective est essentielle.
À défaut de preuves tangibles, ces soupçons restent pour l’instant du domaine de la spéculation. Mais ils traduisent une réalité politique : à l’approche d’une élection capitale, toute dissension interne au RHDP peut être exploitée par l’opposition. La capacité du parti au pouvoir à contenir ces tensions internes pourrait s’avérer déterminante pour la stabilité de la campagne et, au-delà, pour l’avenir politique immédiat de la Côte d’Ivoire.










