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Côte d’Ivoire : après le rejet de leurs candidatures, Laurent Gbagbo et l’opposition recalée cherchent l’unité face à Ouattara

photo d'illustration

La scène politique ivoirienne connaît une nouvelle montée de tension à l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre prochain. Le rejet, le 8 septembre dernier, par le Conseil constitutionnel, des candidatures de l’ancien président Laurent Gbagbo et de l’ex-directeur général de Crédit Suisse, Tidjane Thiam, a ouvert une séquence d’incertitudes lourdes de conséquences pour la stabilité du pays.

En réaction, l’ancien président Laurent Gbagbo a initié mercredi, une série de rencontre avec plusieurs figures de l’opposition également écartées du scrutin. Objectif : coordonner les positions et adopter une stratégie commune pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une dérive institutionnelle visant à consolider un « mandat de trop » pour le président sortant, Alassane Ouattara. Cette initiative traduit la volonté de l’ancien chef d’État et de ses alliés de faire front commun face à une décision qu’ils jugent arbitraire et politique.

Le Conseil constitutionnel, pour sa part, justifie ses décisions par des motifs juridiques et administratifs. Mais pour une partie de l’opinion, ces rejets alimentent le soupçon d’un verrouillage du jeu électoral, nourrissant le sentiment d’exclusion d’une frange importante de la classe politique. La mise à l’écart simultanée de Laurent Gbagbo, figure historique et de Tidjane Thiam, personnalité au profil technocratique et internationalement reconnu, accentue la perception d’un scrutin dont l’issue pourrait être fragilisée par le manque de compétition ouverte.

Ces tensions ravivent également le spectre des fractures communautaires. Le souvenir des violences post-électorales de 2010-2011 ayant causé, officiellement, la mort de 3 000 personnes, reste encore vif dans les esprits et les discours partisans et parfois clivants aussi bien du côté du pouvoir que de celui de l’opposition, risquent encore de réactiver les tensions régionales et identitaires. Dans certains bastions politiques, des appels à la mobilisation commencent déjà à circuler, faisant craindre que la contestation politique ne déborde vers des affrontements locaux.

À un peu plus d’un mois du scrutin, l’équation ivoirienne apparaît donc complexe : d’un côté, un pouvoir déterminé à maintenir le cap vers l’élection avec un président sortant candidat à sa propre succession ; de l’autre, une opposition fragilisée institutionnellement mais qui tâtonne et cherche à reconstituer une dynamique commune. Entre ces deux pôles, la société civile et les partenaires internationaux multiplient les appels au dialogue et à l’apaisement, rappelant que la crédibilité du processus électoral repose avant tout sur l’inclusivité et la transparence.

La rencontre initiée donc par l’ancien président Laurent Gbagbo marque ainsi une étape décisive dans la recomposition de l’opposition. Mais elle souligne surtout les défis à venir pour un pays qui aspire à tourner la page des crises passées tout en évitant de nouveaux affrontements. Le rendez-vous du 25 octobre ne s’annonce donc pas seulement comme une compétition électorale : il constitue un test majeur pour la démocratie et la cohésion nationale en Côte d’Ivoire.

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