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Côte d’Ivoire : à trois mois de la présidentielle, la candidature du président Ouattara ravive les tensions

photo d'illustration


À trois mois de l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre prochain, le climat politique en Côte d’Ivoire se tend à nouveau, alimenté par l’annonce officielle de la candidature du président sortant Alassane Ouattara pour un quatrième mandat. Cette décision, bien que pressentie par de nombreux observateurs, continue de raviver des débats juridiques et politiques dans un pays marqué par une histoire électorale mouvementée.

C’est dans une déclaration faite via les réseaux sociaux puis, reprise par média publique (RTI) que le chef de l’État, 83 ans, a confirmé, courant fin juillet dernier, sa volonté de briguer un nouveau mandat. « Je suis candidat parce que je reste convaincu que l’avenir de notre pays ne peut être compromis par l’incertitude ou l’instabilité », a-t-il déclaré sous les applaudissements de ses partisans. M. Ouattara, au pouvoir depuis 2011, estime que les circonstances actuelles, notamment les tensions régionales, les défis économiques et les menaces sécuritaires aux frontières, justifient une « continuité responsable ».

Mais cette candidature ne fait pas l’unanimité. Dans les rangs de l’opposition, plusieurs voix dénoncent une « violation de l’esprit » de la Constitution de 2016, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, bien que le Conseil constitutionnel ait, en 2020, validé une interprétation autorisant un nouveau départ du compteur des mandats après l’adoption de la nouvelle Constitution.

Cheick Tidjane Thiam, figure emblématique de l’opposition et candidat déclaré du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) mais exclu du processus électoral, officiellement en raison de sa double nationalité, a vivement critiqué cette annonce du président sortant, appelant entre autres à « une mobilisation pacifique » pour défendre la démocratie.

De son côté, l’ancien président Laurent Gbagbo, revenu sur la scène politique avec son nouveau parti, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a également exprimé ses inquiétudes face à un processus électoral qu’il juge « verrouillé ».

Sur le terrain, la tension est palpable. Plusieurs manifestations ont été organisées dans différentes grandes villes du pays: Yopougon, Daloa et Korhogo. Si elles sont pour l’instant majoritairement pacifiques, quelques incidents isolés ont du moins été rapportés, faisant craindre une montée progressive de la violence à mesure que le scrutin approche.

Les chancelleries étrangères suivent la situation avec attention. L’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont, à travers des communiqués distincts, appelé à un climat de dialogue et au respect du cadre constitutionnel. De son côté, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire a rappelé « l’importance d’élections inclusives, transparentes et pacifiques ».

Alors que la Commission électorale indépendante (CEI) poursuit les préparatifs logistiques du scrutin, les observateurs s’interrogent : la Côte d’Ivoire parviendra-t-elle à organiser un scrutin apaisé dans un contexte aussi polarisé ? À mesure que la campagne s’intensifie, le défi reste de taille pour tous les acteurs politiques et institutionnels, appelés à faire preuve de retenue et de responsabilité.


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