
L’encours des titres de dette souveraine des six États de la CEMAC s’est établi à 10 560,8 milliards de FCFA à fin juillet 2026, selon les dernières statistiques de la BEAC. Ce montant, en hausse de 3,34 % sur un mois, traduit une progression du recours au marché régional des titres publics. Derrière cette évolution globale, les situations nationales et les coûts d’emprunt présentent toutefois des écarts importants.
Le marché régional des valeurs du Trésor de la CEMAC poursuit sa progression. Selon le bulletin mensuel publié le 26 août par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’encours cumulé des Bons du Trésor assimilables (BTA) et des Obligations du Trésor assimilables (OTA) a atteint 10 560,8 milliards de FCFA fin juillet, contre 10 219,3 milliards un mois auparavant. L’augmentation représente 341,5 milliards de FCFA en valeur absolue, soit 3,34 % en un mois.
La répartition entre les pays fait apparaître une concentration importante. Le Gabon détenait le plus important encours, avec 3 424,1 milliards de FCFA, devant le Congo, à 3 040,8 milliards, et le Cameroun, à 2 061,3 milliards. À eux trois, ces États représentent près de 81 % de l’encours régional calculé à partir des données publiées. Le Tchad affichait 1 184,2 milliards, tandis que la République centrafricaine atteignait 462,3 milliards et la Guinée équatoriale 387,9 milliards.
Les évolutions mensuelles sont également contrastées. Le stock gabonais a progressé de 6,01 % en juillet, tandis que celui de la République centrafricaine a augmenté de 8,26 %, soit la plus forte progression relative parmi les six pays. Le Tchad et le Cameroun ont enregistré respectivement des hausses de 2,66 % et 2,59 %. Le Congo a connu une progression plus limitée, de 1,18 %. La Guinée équatoriale constitue le seul cas de baisse, avec un recul de 1,55 %.
L’autre indicateur déterminant concerne le coût du financement. Le taux moyen des ressources mobilisées sur le marché régional s’est établi à 8,53 % en juillet 2026. Mais cette moyenne recouvre une différence nette entre les instruments : les BTA, destinés au financement à court terme, ressortent à 6,83 % en moyenne, contre 10,60 % pour les OTA à plus longue maturité. Ces écarts renseignent sur le coût différencié auquel les États accèdent au marché.
Cette évolution ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à une crise généralisée de la dette dans la CEMAC. L’encours considéré ici correspond aux titres publics négociés sur le marché régional et ne constitue pas, à lui seul, l’ensemble de la dette publique de chaque État. Les données de la CEMAC distinguent notamment dette extérieure et dette intérieure dans leurs statistiques de finances publiques.
Le niveau de 10 560,8 milliards de FCFA constitue surtout un indicateur de l’intensification du financement des États sur le marché régional. La progression de juillet, la concentration des encours et l’écart entre les coûts des BTA et des OTA montrent que la question de la dette doit être appréciée pays par pays, en tenant compte des maturités, des besoins budgétaires et de la capacité de remboursement. Pour les décideurs et investisseurs, le suivi de ces paramètres sera déterminant dans l’évaluation de la soutenabilité financière de la sous-région.
Source principale : Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Statistiques mensuelles du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC, n°60, juillet 2026.








