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CAN tous les quatre ans : une décision unilatérale qui secoue le football africain

coupe d'Afrique des nations


La Confédération africaine de football (CAF) a décidé, sans assemblée générale ni consultation formelle des 54 fédérations membres, de faire passer la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à une périodicité quadriennale à compter de 2028, son président, Patrice Motsepé, a provoqué une onde de choc sur l’ensemble du continent. Cette annonce, perçue comme un passage en force, soulève de sérieuses interrogations sur la gouvernance de l’instance dirigeante du football africain.

Selon plusieurs sources concordantes, aucune réunion statutaire n’a validé ce changement majeur. Les textes et règlements en vigueur de la CAF, qui encadrent strictement les modalités de prise de décision, n’auraient pas été respectés. Plus préoccupant encore, les fédérations nationales, pourtant souveraines et directement concernées, n’auraient pas été associées à la réflexion. Dans les milieux sportifs, cette méthode est qualifiée d’inhabituelle, voire de contraire aux principes de collégialité que revendique l’organisation.

La CAN, organisée tous les deux ans depuis plusieurs décennies, constitue bien plus qu’une simple compétition sportive. Elle est un rendez-vous identitaire, économique et politique pour de nombreux États africains. Sa fréquence permet à des générations de joueurs de s’exprimer sur la scène continentale et offre une visibilité régulière aux sélections émergentes. Passer à un cycle de quatre ans pourrait réduire ces opportunités, tout en accentuant les écarts entre grandes nations et équipes en développement.

Les partisans de la réforme avancent néanmoins des arguments liés à l’harmonisation avec le calendrier international, à la réduction de la surcharge des joueurs et à une meilleure valorisation commerciale du tournoi. Des justifications qui, en soi, mériteraient un débat approfondi. Mais c’est précisément l’absence de ce débat qui alimente la crispation actuelle. Dans plusieurs pays, dirigeants fédéraux, anciens internationaux et observateurs dénoncent une décision précipitée, prise sans étude d’impact clairement partagée.

Au-delà du fond, c’est la forme qui inquiète. La CAF, déjà critiquée par le passé pour des déficits de transparence, risque de raviver les soupçons de centralisation excessive du pouvoir. La désolation évoquée dans de nombreuses capitales africaines traduit moins un rejet systématique de la réforme qu’un malaise institutionnel profond.

À l’approche de 2028, une clarification s’impose. Soit la CAF engage un processus inclusif, conforme à ses statuts, pour entériner ou réviser cette orientation, soit elle s’expose à une contestation durable. Car la CAN, patrimoine commun du football africain, ne saurait évoluer durablement sans l’adhésion de ceux qui la font vivre.


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