
La production nationale de cacao au Cameroun a enregistré une progression significative au cours de la campagne 2024/2025, marquant une hausse de 13,4 % par rapport à la saison précédente. Selon les chiffres provisoires publiés cette semaine par l’Office national du cacao et du café (ONCC), le pays a produit environ 309 518 tonnes de fèves, contre 271 700 tonnes lors de la campagne 2023/2024.
Cette performance confirme la tendance haussière amorcée depuis deux saisons, portée par une combinaison de facteurs climatiques favorables, une amélioration des pratiques culturales et un soutien accru aux producteurs à travers divers programmes gouvernementaux et partenariats privés.
Dans plusieurs bassins de production, notamment dans les régions du Centre, du Sud-Ouest et du Littoral, les conditions météorologiques ont été jugées optimales pour la floraison et la fructification des cacaoyers. Par ailleurs, les services techniques du ministère de l’Agriculture ont intensifié leurs efforts de vulgarisation, mettant l’accent sur les itinéraires techniques, la lutte phytosanitaire et la régénération des vergers.
« Nous avons assisté à une meilleure application des pratiques culturales recommandées, ainsi qu’à un regain d’intérêt pour les plants améliorés à haut rendement », explique un ingénieur agronome en poste à Bafia, un important centre de production.
Cette hausse de la production intervient dans un contexte de transformation progressive du secteur. Outre les enjeux liés à la quantité, les autorités et les acteurs de la filière s’efforcent d’améliorer la qualité des fèves, de promouvoir la traçabilité et de développer la transformation locale.
Le Cameroun, qui reste le quatrième producteur africain de cacao derrière la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria, mise sur la valeur ajoutée pour tirer davantage de revenus de cette culture stratégique. Des unités de transformation locales continuent d’émerger, bien que la transformation sur place reste marginale par rapport aux volumes bruts exportés.
Malgré les bons résultats de la campagne, certains défis demeurent. Le vieillissement des plantations, l’accès limité au crédit agricole et la volatilité des prix sur le marché international continuent d’affecter la stabilité de la filière. Des voix s’élèvent également pour une meilleure rémunération des producteurs, dont les revenus restent sensibles aux fluctuations du marché mondial.
Pour l’heure, la hausse enregistrée est perçue comme un signal positif, traduisant les efforts conjugués des agriculteurs, des pouvoirs publics et des partenaires au développement. Reste à voir si cette dynamique pourra être maintenue et consolidée au cours des prochaines campagnes









