
Le Cameroun confirme son rôle moteur au sein du marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Selon les dernières données publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le pays a concentré à lui seul près des deux tiers des nouveaux crédits distribués dans la sous-région au cours du quatrième trimestre 2025, renforçant ainsi sa position de premier marché du crédit en Afrique centrale.
D’après les statistiques de la BEAC, sur un volume global de 3 007,1 milliards de FCFA de nouveaux financements accordés dans l’ensemble de la CEMAC entre octobre et décembre 2025, le Cameroun a absorbé 1 922,4 milliards de FCFA, soit l’équivalent d’environ 3,4 milliards de dollars. Cette performance représente 63,93 % du total des nouveaux crédits distribués dans la sous-région, un niveau qui témoigne du poids prépondérant de l’économie camerounaise dans l’espace communautaire.
Le pays devance largement les autres États membres de la CEMAC. Le Gabon occupe la deuxième position avec 18,25 % des nouveaux crédits accordés, loin derrière le Cameroun. Viennent ensuite le Congo avec 8,33 %, le Tchad avec 5,59 %, la Guinée équatoriale avec 3,03 % et la République centrafricaine avec seulement 0,87 %.
Cette domination s’est accentuée au cours des trois derniers mois de l’année 2025.
Comparé au trimestre précédent, le volume des nouveaux crédits octroyés au Cameroun a progressé de 10,56 %, traduisant une dynamique soutenue de financement de l’économie. Cette évolution reflète à la fois une demande croissante de capitaux de la part des entreprises et des ménages, ainsi qu’une capacité accrue du secteur bancaire à répondre aux besoins de financement.
Plusieurs facteurs expliquent cette performance. Première économie de la CEMAC, le Cameroun bénéficie d’un tissu économique relativement diversifié, porté par les secteurs des services, du commerce, de l’industrie manufacturière, de l’agriculture et des infrastructures. Cette diversité favorise une demande régulière de crédits destinés aussi bien à l’investissement qu’au financement de l’activité courante.
Le marché bancaire camerounais profite également d’un environnement concurrentiel plus développé que dans plusieurs pays voisins. La présence de nombreux établissements de crédit favorise l’élargissement de l’offre financière et contribue à soutenir la distribution des prêts. Cette concurrence encourage par ailleurs l’innovation dans les produits bancaires et facilite l’accès au financement pour une partie croissante des acteurs économiques.
Au-delà des chiffres, cette évolution confirme la centralité du Cameroun dans le système financier de l’Afrique centrale. En concentrant près de deux crédits nouveaux sur trois distribués dans la CEMAC, le pays apparaît comme le principal moteur de l’activité bancaire régionale.
Le maintien de cette dynamique dépendra toutefois de la capacité des établissements financiers à poursuivre l’accompagnement de l’économie réelle dans un contexte marqué par les défis de croissance, d’inclusion financière et de résilience économique.










