
Le Burkina Faso continue de faire entendre sa voix sur la scène internationale face à l’escalade du terrorisme qui frappe le pays et, plus largement, l’ensemble de la région sahélienne. En déplacement à New York, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a exhorté la communauté internationale à « sortir du discours complaisant » vis-à-vis des groupes armés qui sèment la terreur au Sahel.
Lors d’une rencontre avec la vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohamed, le chef du gouvernement a rappelé les « nombreux efforts » entrepris par le Burkina Faso, sous la direction du président de la transition Ibrahim Traoré, pour contenir la menace terroriste tout en poursuivant les objectifs de développement. Selon lui, il ne suffit plus de désigner les responsables de violences comme de simples « groupes armés non étatiques » : une telle terminologie reviendrait à atténuer la gravité de leurs exactions et, parfois, à leur accorder une forme de légitimité.
Le Premier ministre a appelé les Nations Unies et leurs États membres à « citer clairement les commanditaires » de ces attaques, estimant que certains pays utilisent le terrorisme comme un instrument politique, tout en affichant une volonté de paix dans les instances internationales. À ses yeux, le manque de transparence et de fermeté dans la désignation des acteurs qui soutiennent ou financent les groupes terroristes contribue à prolonger le cycle de violence.
Cette prise de parole intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante. Depuis près d’une décennie, le Burkina Faso est confronté à des attaques régulières menées par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ces violences ont entraîné la mort de milliers de civils et de militaires, tout en provoquant le déplacement de plusieurs millions de personnes à l’intérieur du pays. La pression exercée sur les forces de sécurité et sur les populations fragilise encore davantage un État déjà éprouvé par des défis économiques et humanitaires.
Sur le plan diplomatique, Ouagadougou a récemment déclaré persona non grata le représentant résident du système des Nations Unies, une décision justifiée par le Premier ministre comme un acte de souveraineté. Il a toutefois réaffirmé la disponibilité du Burkina à maintenir un partenariat avec l’ONU, à condition que celui-ci se fasse « dans le respect des priorités nationales ». Dans le même esprit, il a proposé une visite officielle d’Amina Mohamed au Burkina, afin de renforcer le dialogue et d’explorer des solutions communes.
À travers cette intervention, le gouvernement burkinabè cherche à repositionner le débat sur le terrorisme au Sahel, en invitant la communauté internationale à dépasser les approches diplomatiques jugées trop prudentes. Pour Ouagadougou, nommer les responsables et leurs soutiens constitue une étape indispensable pour espérer ramener la paix et la stabilité dans une région durement éprouvée.












