Home AFRIQUE Afrique du Sud : deux Nigérians tués sur fond de tensions anti-immigrés,...

Afrique du Sud : deux Nigérians tués sur fond de tensions anti-immigrés, Abuja interpelle Pretoria

Cyril Ramaphosa, président d'Afrique du sud

La mort de deux ressortissants nigérians en Afrique du Sud ravive les inquiétudes autour des violences visant les populations étrangères dans la première économie du continent. Abuja réclame des éclaircissements sur les circonstances de ces décès, alors que le pays est confronté à une recrudescence de manifestations hostiles aux immigrés, alimentées par des tensions sociales et économiques persistantes.

Les autorités nigérianes ont annoncé, dimanche, le décès de deux de leurs ressortissants en Afrique du Sud, survenu le 28 juin, dans un climat marqué par une montée des tensions contre les travailleurs étrangers. Selon le ministère nigérian des Affaires étrangères, ces décès sont intervenus deux jours avant une échéance fixée de manière informelle par certains groupes de manifestants réclamant le départ des étrangers présents sur le territoire sud-africain.

D’après les informations communiquées par Abuja, l’une des victimes aurait été tuée lors d’une intervention policière, tandis que la seconde aurait perdu la vie au cours d’une attaque perpétrée par des individus non identifiés. À ce stade, les autorités sud-africaines n’ont pas officiellement réagi à ces allégations. La police sud-africaine ne s’était pas exprimée sur ces accusations au moment de l’annonce.

Dans un communiqué, le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, Kimiebi Imomotimi Ebienfa, a dénoncé des décès survenus dans un contexte où les étrangers sont de nouveau pris pour cible. Il a également mis en garde contre les amalgames associant les ressortissants nigérians à la criminalité, estimant que cette perception ne reflète pas la réalité de la grande majorité des membres de cette communauté, qu’il décrit comme des citoyens respectueux des lois et pleinement engagés dans leurs activités professionnelles.

Entre avril et mai, plusieurs manifestations contre l’immigration ont été organisées dans différentes régions d’Afrique du Sud. Les protestataires accusent régulièrement les ressortissants étrangers de contribuer à l’augmentation du chômage, de la criminalité et de la pression sur les services publics. Ces mobilisations ont parfois dégénéré en violences, poussant plusieurs États africains, notamment le Nigeria, le Ghana et le Malawi, à organiser le rapatriement volontaire de certains de leurs citoyens et à convoquer des représentants diplomatiques sud-africains afin d’obtenir des explications.

Avec un taux de chômage avoisinant les 33% selon les statistiques officielles sud-africaines, les difficultés économiques continuent d’alimenter les tensions sociales. Les migrants, nombreux à exercer dans le commerce informel, les services ou le bâtiment, deviennent régulièrement la cible de mouvements dénonçant leur présence, malgré l’absence de preuves établissant un lien direct entre immigration et hausse de la criminalité.

L’Afrique du Sud connaît depuis plusieurs années des épisodes récurrents de violences dirigées contre les populations étrangères. Les attaques de 2008, qui avaient fait plus de 60 morts et des dizaines de milliers de déplacés, demeurent l’un des épisodes les plus marquants de cette crise. Malgré les engagements pris par les autorités pour renforcer la protection des communautés étrangères, ces incidents continuent d’alimenter les préoccupations des gouvernements africains et des organisations de défense des droits humains.

La disparition de ces deux ressortissants nigérians intervient ainsi dans un contexte régional sensible, où la sécurité des migrants, la coopération diplomatique et la lutte contre les violences xénophobes demeurent des enjeux majeurs pour les relations entre l’Afrique du Sud et plusieurs États du continent.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here
Captcha verification failed!
CAPTCHA user score failed. Please contact us!