
Les élections municipales organisées le 4 novembre 2026 en Afrique du Sud confirment, à mesure du dépouillement, l’affaiblissement électoral de l’African National Congress (ANC), au pouvoir depuis la fin de l’apartheid. Avec environ 32 % des voix après le dépouillement de 71 % des suffrages, le parti reste en tête, mais son avance sur l’Alliance démocratique (DA) ne masque pas l’ampleur de son recul. Dans plusieurs grandes villes, la formation de coalitions pourrait désormais peser sur la gouvernance locale.
Les données communiquées par Reuters le 6 novembre placent la DA à environ 25 % des suffrages, derrière l’ANC. Si cette tendance se maintient jusqu’à la proclamation des résultats définitifs, le parti historique pourrait perdre près de 14 points par rapport aux municipales de 2021, scrutin au cours duquel il avait déjà enregistré son plus faible score national. Elle traduit une réduction progressive de son assise électorale et une concurrence accrue entre plusieurs forces politiques.
La situation varie sensiblement selon les territoires. Au Cap, la DA paraît en mesure d’obtenir une majorité absolue, ce qui lui donnerait une marge de manœuvre institutionnelle plus importante pour constituer l’exécutif municipal. À Johannesburg et à Tshwane, en revanche, les tendances disponibles orientent les conseils vers l’absence de majorité absolue. Les discussions entre partis pourraient donc déterminer la composition des exécutifs et les priorités locales. Ces configurations restent provisoires.
Le recul de l’ANC intervient dans un contexte de mécontentement régulièrement associé au chômage, à la criminalité, aux affaires de corruption et aux difficultés d’accès à des services publics fiables, notamment l’eau et l’électricité. Ces enjeux pèsent particulièrement dans un scrutin municipal, centré sur la gestion quotidienne des collectivités. Les résultats agrégés ne permettent toutefois pas de mesurer le poids respectif de ces griefs dans les choix individuels.
L’enjeu institutionnel dépasse ainsi le classement national des partis. Les municipalités gèrent notamment les services, les infrastructures et le développement local. Des conseils sans majorité peuvent favoriser des compromis représentatifs, mais ils peuvent aussi rendre les décisions plus complexes lorsque les partenaires divergent sur les programmes ou la répartition des responsabilités. Depuis 2024, l’ANC gouverne au niveau national dans une coalition avec plusieurs formations, sans que cela garantisse la stabilité des accords locaux.
Pour l’ANC, le scrutin constitue donc un avertissement politique sérieux, mais son ampleur définitive dépendra des résultats certifiés et de la répartition des sièges. Pour les autres partis, la progression électorale devra se traduire en accords de gouvernement capables de fonctionner au-delà des négociations initiales. La suite se jouera autant dans les conseils municipaux que dans les urnes : la capacité des formations à assurer une gestion lisible, efficace et durable permettra de mesurer si cette nouvelle configuration marque un rééquilibrage ponctuel ou une transformation plus profonde du système partisan sud-africain.











